Ponction lombaire - Utilisations diagnostiques et thérapeutiques, techniques et complications

La ponction lombaire (PL), également appelée rachicentèse, est une procédure médicale largement utilisée offrant des applications diagnostiques et thérapeutiques. Cette technique consiste à prélever du liquide céphalo-rachidien (LCR) dans l'espace sous-arachnoïdien en insérant une aiguille entre deux vertèbres lombaires. Depuis sa première utilisation rapportée en 18981, la ponction lombaire est essentielle pour le diagnostic et le traitement des maladies neurologiques et non neurologiques, en particulier des affections telles que l'amyotrophie spinale (AS).2 Malgré son utilité, la procédure comporte certains risques et complications, notamment les céphalées postponction lombaire (CPPL), les infections et les hématomes.
La ponction lombaire peut être réalisée à l'aide d'une technique guidée par des repères ou échoguidée. La ponction est généralement effectuée au niveau de l'espace intervertébral L4-L5, le patient étant en position assise ou en décubitus latéral.
Avant l'intervention, le point de ponction est anesthésié avec un anesthésique local et une aiguille spinale, comme une aiguille Sprotte atraumatique ou une aiguille Quincke traumatique, est insérée.
Une fois l'écoulement du LCR confirmé, il peut être recueilli à l'aide d'une seringue de 10 ml.3,4
Chez les patients atteints de SMA, la ponction lombaire est utilisée pour l'administration intrathécale de nusinersen, un oligonucléotide antisens et le premier traitement approuvé pour la SMA. Les patients sont généralement positionnés latéralement et la procédure peut être assistée par une imagerie pré-procédurale (CT ou IRM) pour guider l'approche.2
La CPPL est la complication la plus fréquemment rapportée, avec une incidence de 0,49 % à 36 % dans différentes études. Elle est due à une fuite de LCR au niveau du point de ponction, provoquant une hypotension intracrânienne. La CPPL se caractérise par des maux de tête qui s'aggravent en position debout et s'atténuent en position couchée. Il a été démontré que l'utilisation d'aiguilles atraumatiques, comme l'aiguille Sprotte, réduit le risque de CPPL.5
Les hématomes intracrâniens sont une complication rare mais grave. Les hématomes peuvent se développer après des ponctions durales intentionnelles ou non. Les symptômes comprennent des maux de tête persistants, des nausées, des vertiges et des déficits neurologiques.
Le traitement consiste souvent à réaliser un drainage chirurgical, bien qu'une prise en charge conservatrice soit possible dans certains cas.
Les abcès et les empyèmes sont d'autres complications rares mais significatives. Ces infections peuvent survenir à la suite d'une contamination des plateaux vertébraux ou d'une infection par la flore du patient ou du praticien.6
La méningite, qu'elle soit bactérienne ou aseptique, est une complication potentielle de la ponction lombaire. Bien que rare, elle peut résulter d'instruments contaminés ou d'infections préexistantes. La méningite peut toucher aussi bien les adultes que les enfants.7
Une perforation accidentelle de l'articulation du disque intervertébral au cours de l'intervention peut entraîner une discitisation ou une dégénérescence du disque, ce qui peut provoquer des maladies lombaires dégénératives.8
Chez les nouveau-nés, les complications de la PL comprennent des cultures de LCR positives, une détresse respiratoire et des brûlures cutanées dues à la chlorhexidine. Les ponctions lombaires traumatiques (au cours desquelles du sang pénètre dans l'échantillon de LCR) surviennent dans 35 à 46 % des cas.9
La ponction lombaire est un outil diagnostique et thérapeutique essentiel en médecine, qui permet de comprendre diverses maladies neurologiques et systémiques grâce à l'analyse du LCR. Elle offre aussi une voie d'administration pour des traitements spécifiques, comme le nusinersen pour la SMA. Cependant, comme pour toute procédure invasive, la ponction
lombaire comporte des risques de complications, notamment des CPPL, des infection et des effets plus graves comme des hématomes. Les progrès de la technologie des aiguilles et des techniques d'imagerie, comme l’échoguidage, ont contribué à réduire l'incidence des complications, faisant de la ponction lombaire une procédure plus sûre dans l'ensemble. Néanmoins, un examen attentif des contre-indications et un suivi rigoureux des patients restent essentiels pour minimiser les risques.
Études :
1Li J., Krishna R., et al. (2020). Ultrasound-Guided Neuraxial Anesthesia. Current Pain and Headache Reports, 24 (59).
2Veiga-Canuto D., Cifrian-Perez M., et al. (2020). Ultrasound-guided lumbar puncture for nusinersen administration in spinal muscular atrophy patients. European Journal of Neurology, 28: 676-680.
3Jiang L., Zhang F., et al. (2020). Could preprocedural ultrasound increase the first pass success rate of neuraxial anaesthesia in obstetrics? A systematic review and meta analysis of randomized controlled trials. Journal of Anaesthesia, 34: 434-444.
4Nobuhara C. K., Bullock W. M., et al. (2020). A Protocol to Reduce Self-Reported Pain Scores and Adverse Events Following Lumbar Punctures in Older Adults. J. Neurol., 267 (7): 2002-2006.
5Cognat E., Koehl B., et al. (2021). Preventing Post-Lumbar Puncture Headache. Annals of Emergency Medicine, 78 (3): 443-450.
6Bos E. M., van der Lee K., et al. (2021). Intracranial hematoma and abscess after neuraxial analgesia and anaesthesia: a review of the literature describing 297 cases. American Society of Regional Anesthesia & Pain Management, 46: 337-343.
7Ertas A., Gediz T., et al. (2021). Risk of intervertebral disc joint puncture during lumbar puncture. Clinical Neurology and Neurosurgery, 200 (106107).
8Hadzic A. (2017). Hadzic´s textbook of Regional Anesthesia and Acute Pain Management. McGraw-Hill Education, 2.
9Flett T., Athalye-Jape G., et. al. (2020). Spinal needle size and traumatic neonatal lumbar puncture: an observational study (neo-LP). European Journal of Pediatrics, 179:939-945.
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